Si Dieu a créé l’univers,
alors qui a créé Dieu?
Réponse aux détracteurs
Jonathan Sarfati
Un certain nombre de sceptiques posent cette question. Mais Dieu étant, par
définition, le créateur non créé de l’univers,
la question «Qui a créé Dieu ?» est donc illogique, tout
comme celle-ci : «Qui est l’épouse du célibataire?»
Une personne plus avertie poserait la question de cette manière: «Si
l’univers nécessite une cause, alors pourquoi Dieu n’en nécessite-il
pas une ? Et si Dieu ne nécessite pas de cause, alors, pourquoi l’univers
en nécessiterait une ?» En réponse, les chrétiens tiennent
le raisonnement suivant :
Tout ce qui a un commencement a une cause.1
L’univers a un commencement.
Il s’ensuit que l’univers a une cause.
Il est important de mettre l’accent sur les mots en caractères gras.
L’univers exige une cause parce qu’il eut un commencement, comme on
le montrera ci-dessous. Dieu, contrairement à l’univers, n’a pas
eu de commencement, il ne nécessite donc aucune cause. En outre,
la relativité générale d’Einstein, qui jouit d’un
soutien expérimental important, montre que le temps est lié à
la matière et à l’espace. Donc, le temps lui-même
aurait commencé en même temps que la matière et l’espace.
Puisque Dieu est, par définition, le créateur de l’univers entier,
il est le créateur du temps. Par conséquent, il n’est pas limité
par la dimension de temps qu’Il a créé et donc n’a pas
de commencement dans le temps – Dieu est ‘le Très-Haut,
dont la demeure est éternelle’ (Ésaïe 57.15). Par conséquent,
Il n’a pas de cause.
Par contraste, il y a de bonnes raisons de penser que l’univers a eu un commencement.
On peut le montrer par les lois de la thermodynamique qui sont les plus fondamentales
des sciences physiques.
- 1er principe : La quantité totale de l’energie-masse
dans l’univers est constante.
- 2e principe : la quantité d’énergie disponible
pour le travail s’épuise ou l’entropie
augmente au maximum.
Si la quantité totale de l’énergie-masse est limitée
et que la quantité d’énergie utilisable diminue, alors l’univers
n’a pas pu exister depuis toujours, sinon il aurait déjà
épuisé toute l’énergie utilisable – la 'mort thermique'
de l’univers. Par exemple, tous les atomes radioactifs se seraient désintégrés,
la température serait la même dans toutes les parties de l’univers
et aucun autre travail ne serait possible. Par conséquent, la corrollaire
évidente est que l’univers commença dans un temps fini avec
une grande quantité d’énergie utilisable et qu’à
présent il est en déclin.
Supposons maintenant que la personne qui pose la question accepte que l’univers
a eu un commencement, mais pas qu’il exige une cause ? Mais cela va de soi
que tout ce qui a un commencement a une cause – personne ne le nie vraiment
au fond de lui-même. Toute la science et l’histoire s’effondreraient
si on niait cette loi de cause et effet. Il en serait ainsi du maintien de l’ordre,
si la police pensait qu’ils n’avaient pas besoin de trouver une cause
dans le cas d’un cadavre poignardé ou d’une maison cambriolée.
De même, l’univers ne peut pas être sa propre cause, rien ne peut
se créer soi-même, car cela signifierait qu’il aurait existé
avant de naître, ce qui est une absurdité logique.
RÉSUMÉ
-
On peut montrer que l’univers (y compris le temps) a eu un commencement.
-
Il n’est pas raisonnable de penser que quelque chose pourrait commencer à
exister sans cause.
-
Par conséquent, l’univers nécessite une cause, comme l’enseignent
Genèse 1.1 et Romains 1.20.
-
Dieu, en tant que Créateur du temps, est en dehors du temps. Puisqu’Il
n’a donc pas eu de commencement, Il a toujours existé, par conséquent,
Il n’a pas besoin de cause.
OBJECTIONS
Il n’y a que deux façons de réfuter un argument :
a. Montrer qu’il n’est pas logiquement valide
b. Monter qu’au moins une des prémisses est fausse.
a) L’argument est-il valide ?
Dans un argument valide, il est impossible que les prémisses soient vraies
et que la conclusion soit fausse. Remarquez que la validité ne dépend
pas de la vérité des prémisses, mais de la forme de l’argument.
L’argument de cet article est valide ; il se présente sous la même
forme que : Toutes les baleines ont une épine dorsale ; Moby Dick est une
baleine : par conséquent Moby Dick a une épine dorsale. Alors, le
seul espoir du sceptique est de contester une des prémisses ou les deux.
b) Les prémisses sont-elles vraies ?
1) L’univers a-t-il un commencement ?
Les idées d’un univers oscillant ont été
popularisées par des athées tels que Carl Sagan et Isaac Azimov uniquement
dans le but d’éviter la notion d’un commencement, ce qui impliquerait
un Créateur. Comme nous l’avons montré ci-dessus, les principes
de la thermodynamique sapent cet argument. Même la notion d’un univers
oscillant ne parvient pas à surmonter la difficulté posée par
ces principes. Chaque cycle hypothétique épuiserait de plus en plus
l’énergie utilisable. Ceci signifie que chaque cycle serait plus grand
et plus long que le précedent, et qu’une vue retrospective du temps
indiquerait des cycles de plus en plus petits. Ainsi, le modèle multicycle
pourrait avoir un futur infini, mais peut avoir seulement un passé fini.2
De même, il existe maintes preuves indiquant que la masse
est bien trop insuffisante pour que la force gravitationelle arrête l’expansion
et qu’elle permette en premier lieu l’existence de cycles, c’est-à-dire
que l’univers est ‘ouvert’. Selon les meilleures estimations,
(même si l’on admet les suppositions d’une terre agée),
l’univers ne possède seulement qu’environ la moitié de
la masse nécessaire à la récontraction. Ceci inclut le total
combiné de la matière lumineuse et de la matière non-lumineuse
(se rencontrant dans les halos galactiques), ainsi que toute contribution possible
de neutrinos à la masse totale.3 De récentes
preuves en faveur d’un univers ‘ouvert’ proviennent du nombre
de ‘lentilles gravitationelles’ qui courbent la lumière dans
le ciel.4 De plus, l’analyse de supernovae du
type Ia montrent que le taux d’expansion de l’univers ne ralentit pas
suffisamment dans un univers fermé.5,6 Il semble
qu’il n’y ait seulement que 40-80% de la matière nécéssaire
pour déclencher un ‘grand craquement’. À propos, cette
masse faible présente un problème majeur pour la version ‘dilatée’
de la théorie du ‘big bang’ à la mode de nos jours, étant
donné que celle-ci prédit une densité de masse presqu’au
seuil de l’effondrement – en quelque sorte, un univers ‘plat’.
Finalement, aucun mécanisme connu ne permettrait un retour
en force à la suite d’un ‘grand craquement’ hypothétique.7 Selon l’explication du défunt professeur
Béatrice Tinsley de Yale, même si les mathématiques déclarent
que l’univers oscille, ‘Il n’existe aucun mécanisme physique
connu qui inverserait un grand craquement catastrophique. Sortis des livres
et dans le monde réel de la physique, ces modèles commencent par le
big bang, suivi de l’expansion, de l’effondrement et puis c’est
la fin.8
2)Dénégation de cause et effet
Certains physiciens affirment que la mécanique quantique ne respecte pas
ce principle de cause et effet et peut produire quelque chose à partir de
rien. Par exemple, Paul Davies écrit :
«… l’espace-temps pourrait émerger à
partir du néant en tant que résultat d’une transition quantique
… Des particules peuvent apparaître de nulle part sans causalité
spécifique … Pourtant le monde de la mécanique quantique
produit de façon systématique quelque chose à partir de rien.»9
Toutefois, ceci est une mauvaise application de la mécanique quantique qui
ne produit jamais quelque chose en partant de rien. Davies lui-même admit
à la page précédente que ce scénario ‘ne devrait
pas être trop pris au sérieux’.
Les théories postulant que l’univers est une fluctuation quantique
doivent présupposer que quelque chose fluctuait – leur 'vide quantique'
est un grand potentiel de matière-antimatière et non pas 'rien'. En
plus, j’ai une grande expérience théorique et pratique de la
mécanique quantique (MQ) acquises lors de mon travail sur ma thèse
doctorale. Par exemple, la spectroscopie Raman est un phénomène MQ,
mais d’après le nombre d’onde et l’intensité des
bandes spectrales, on peut calculer les masses des atomes et les constantes de force
des liens qui produisent les bandes. Si l’on veut appuyer la position athée
selon laquelle l’univers naquit sans aucune cause, il faut trouver des bandes
Raman émergeant sans qu’elles soient causées par des transitions
en états de vibration quantiques, ou des particules alpha apparaissant sans
noyaux préexistants, etc. Si MQ était aussi dénuée de
cause que certaines personnes le pensent, nous ne devrions donc pas supposer que
ces phénomènes ont une cause. À ce moment-là, il ne
me reste plus qu’à brûler ma thèse doctorale, tous les
journaux de spectroscopie devraient cesser d’être publiés, de
même que les recherches en physique nucléaire.
En outre, s’il n’existe aucune cause, on ne peut nullement expliquer
pourquoi cet univers particulier est apparu à un moment spécifique,
ni pourquoi ce fut un univers qui émergea, plutôt que, disons, une
banane ou un chat. Cet univers ne peut pas posséder de propriétés
qui expliqueraient sa naissance préferentielle, car il ne possèderait
aucune propriété avant le moment même de sa naissance.
La création divine est-elle rationelle ?
Comme dernière tactique désespérée dans le but d’éviter
une conclusion théiste, les sceptiques soutiennent que la création
temporelle est incohérente. Davies signale correctement que puisque le temps
lui-même commença avec le commencement de l’univers, parler de
ce qui s’est passé ‘avant’ cela est dépourvu de
sens. Il soutient cependant que les causes doivent précéder leurs
effets. Par conséquent, si rien ne s’est passé ‘avant’
le commencement de l’univers, la discussion de la cause du commencement de
l’univers est donc, (selon Davies) dépourvue de sens.
Toutefois, le philosophe et (érudit du Nouveau Testament)
William Lane Craig, a signalé dans une critique utile de Davies,10
que ce dernier a des lacunes en connaissance philosophique. Les philosophes ont
depuis longtemps discuté la notion de causalité simultanée.
Emmanuel Kant (1724–1804) donna l’exemple d’un poids reposant
sur un coussin et simultanément causant une dépression à la
surface de celui-ci. Craig déclare : ‘Le premier moment du temps est
le moment de l’acte créateur de Dieu et de la naissance simultanée
de la création’.
Quelques sceptiques prétendent que toute cette analyse est provisoire, car,
disent-ils : 'tel est le propre de la science et qu’on ne peut pas s’en
servir pour prouver la création par Dieu'. Bien entendu, les sceptiques ne
peuvent pas tout avoir : dire que la Bible se trompe parce ce que la science l’a
prouvé, mais si la science semble être en accord avec la Bible, à
ce moment-là, la science est provisoire de toute façon.
LECTURE SUPPLÉMENTAIRE
Les ouvrages suivants présentent davantage d’information. Malheureusement,
ils se rapprochent trop de la théorie non-biblique du ‘big bang’
avec ses milliards d’années de mort, de souffrance et de maladie avant
le péché d’Adam. En revanche, les arguments présentés
ci-dessus correspondent parfaitement à une création récente
de six jours consécutifs normaux, comme l’enseigne les Écritures.
- Craig, W.L., Apologetics: An Introduction, Chicago : Moody, 1984.
- Craig, W.L. article en ligne,
The Existence of God and the Beginning of the Universe.
- Geisler, N.L, Christian Apologetics (Grand Rapids, Michigan : Baker),1976.
NOTES
- En fait, en philosophie, le mot ‘cause’ possède
plusieurs sens. Mais dans cet article, je fais allusion à la cause efficiente,
l’agent principal qui cause la création de quelque chose.
Renvoi au texte.
- Novikov, I.D. and Zel’dovich, Ya. B. Physical Processes Near
Cosmological Singularities. Annual Review of Astronomy and Astrophysics,1973,
11:401–2. Renvoi au texte.
- Schramm, D.N. and Steigman, G. Relic Neutrinos and the Density
of the Universe. Astrophysical Journal, 1981, 243:1–7. Renvoi
au texte.
- Watson, A. Clusters point to Never Ending Universe. Science,
1997, 278(5342):1402. Renvoi au texte.
- Perlmutter, S. et al. Découverte de l’explosion d’une
supernova à la moitié de l’âge de l’univers. Nature
391 (6662):51. Perspective by Branch, D. Destiny and destiny. Même numéro,1998,
pp. 23–24. Renvoi au texte.
- Glanz, J. New light on the fate of the universe. Science
278(5339):799–800. Renvoi au texte.
- Guth, A.H. and Sher, M. The Impossibility of a Bouncing Universe.
Nature, 1983, 302:505–507. Renvoi au texte.
- Tinsley, B. From Big Bang to Eternity? Natural History Magazine.
Octobre 1975, pp. 102-5. Cité dans Craig, W.L. Apologetics: An Introduction,
(Chicago: Moody,1984), p.61. Renvoi au texte.
- Davies, P.. God and the New Physics, Simon & Schuster,
1983, p. 215. Renvoi au texte.
- Craig, W.L.. God, Creation and Mr Davies. Brit. J. Phil. Sci.,1986,
37:163–175. Renvoi au texte.

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